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New York

New York est ma première série. Lorsque je décidai, en 2009, de changer radicalement de métier et de me lancer dans l'aventure de la photographie, je cherchai un sujet qui puisse me donner l'occasion de créer une série sérieuse et rigoureuse, déjà envieux de raconter une histoire, et de photographier des bâtiments. New York m'offrait tout cela. Le premier contact avec cette ville, bien des années plus tôt, m'avait laissé le souvenir grandiose de joyaux bâtis, et l'impression que lorsque l'homme décidait de construire, il était capable de miracles ; parfums de pyramides et de cathédrales... Sur les premiers toits ou terrasses techniques de cette cité porte du Nouveau Monde, j'avançais à tâtons, un peu au hasard des endroits auxquels je fus autorisé à accéder. J’avais envie de rendre une sorte d'hommage aux avant-gardes qui ont donné à la ville son visage contemporain. Dans les premières images, je voyais les gratte-ciel comme des symboles visibles de l'inspiration, de l'audace et de la foi en l'avenir qui caractérisent les Américains.

Puis, au fil des rencontres et des semaines passées là-bas, je fus confronté à la réalité de New York : les gens que je rencontrais, principalement dans le milieu de l'immobilier, me semblaient épuisés, souvent à moins de cinquante ans. À New York, sur le chemin qui peut conduire au succès, on est seul et confronté à une réalité faite de concurrence et de désillusions. L'investissement que ce monde impose pour réussir le rend totalement inhumain, et l'homme est de toute évidence dépassé par des réalités environnementales qui ne sont plus à son échelle, desservant directement ses aspirations profondes. Ce constat plutôt brutal allait donner une nouvelle direction à mon travail. Le choix des lieux de prises de vues allait changer, l'humain allait lentement disparaître de mes images, et les façades gigantesques prendre une tournure plus glaciale.

La ville de promesses devenait une forêt d'acier et de verre quasi ennemie de l'homme, dans laquelle celui-ci est relégué au rang de pure anecdote. Il existe des centaines de mégalopoles; je veux cependant continuer à suivre celle-ci, certainement parce dans l’inconscient collectif mais aussi dans les faits, elle est LA ville, en ce sens qu’elle est peut-être la représentation la plus frappante d’une civilisation : un petit quelque chose qui part de presque rien, puis qui émerge, qui grandit, qui fleurit, et qui évolue dans une direction qui échappe totalement à ses propres créateurs, pour le meilleur et pour le pire. Dans ce laboratoire de l’incertain, qui prend autant qu’il donne, je veux continuer à observer ce qui arrive à l’humain. Une série qui s’inscrit dans la durée, en marge de mes autres travaux.


Vincent Jendly

New York is my first series. In 2009, when I decided to chart a new radical course in my career and to venture into photography, I searched for an idea that would give me the opportunity to create a serious and solid series - already eager to tell a story - and to photograph buildings. New York was offering all of this. My first contact with the city many years before had left me with magnificent memories of erected masterpieces, and the impression that when man had decided to build, he was capable of miracles; scents of pyramids, cathedrals… On the first rooftops and technical terraces I was given access to in this doorway to the New World, I randomly groped my way forward. I wanted to pay tribute to the pathfinders who had given its contemporaneity to the city.

In the first images, I saw skyscrapers as visible symbols of the typically American inspiration, audacity and faith in the future. Then, as I was meeting people and spending more time there, I found myself confronted with the reality of New York: the people I was meeting, mostly in the real estate industry, seemed exhausted before they were even 50 years of age. In New York, the path leading to success is a lonely one, confronting a reality of competition and disillusions. In that world, the investment needed to achieve success is perfectly inhuman, and man is obviously overwhelmed by environmental realities that are no longer on scale, or directly serving his deepest aspirations. This harsh reality was giving me a new purpose for my work. The choice of the shooting locations evolved, the human factor was going to slowly disappear from my images, and the gigantic facades were turning glacial.

The city of promises was becoming a steel and glass forest, nearly enemy to the human who turns anecdotal. There are hundreds of megacities; nonetheless, I want to stick with this one, clearly because in the collective unconscious, and also in the facts, it is THE city, in that it is perhaps the most stunning representation of a civilization: a little something started out from almost nothing, then emerging, growing, flourishing, and evolving in ways that totally escape its creators - for better or for worse. In this laboratory of the uncertain, that takes in as much as it gives away, I want to continue to observe what is happening to the human. Thus an ongoing process, along with my other projects.


Vincent Jendly